7 avril 2017, 14:20

Pardonne-moi .. d’être moi ! ?

Le début de notre messe quotidienne est souvent marqué par l’insistance du prêtre à nous dire qu’il faut demander pardon parce que nous n’avons pas fait assez d’efforts…
Ce n’est pas ma conception de la spiritualité; ni non plus du péché et du pardon. Il ne s’agit pas d’abord de faire des efforts.

Je me constate pécheur – c’est à dire limité dans mon amour. Je sais aussi que je fais des péchés.
Mais surtout, et c’est beaucoup plus important, je souhaite entrer davantage dans l’amour du Seigneur. Je me reconnais « aimant peu »: non par une « absence d’efforts », mais parce que j’en suis là où j’en suis…

Comment progresser? Mais.. en se remettant entre les mains de Dieu ! On progressera beaucoup plus ainsi que par notre volonté.

Penser « volonté » (efforts), pour moi c’est un manque de confiance en l’amour du Seigneur qui ne demande qu’une chose, c’est que nous nous assouplissions, que nous nous détendions pour sentir de plus en plus finement des choix possibles, des envies nouvelles, des douleurs nouvelles dans les autres et en nous-même. Nous deviendrons doux (Je reconnais Seigneur, que je suis loin d’être doux – mais je sais que ce n’est pas par des efforts que je deviendrai plus doux: au contraire, c’est par le laisser-aller entre tes mains !! :-)

La spontanéité a un rôle essentiel, pour apprendre à se connaître: il s’agit d’être soi-même, dans l’amour.

Seigneur, montre-moi mon chemin d’amour ! Je me remets entre tes mains.

20 mars 2017, 6:11

Sacrement de confession…

Un prêtre raconte l’histoire suivante. Un homme, avant la messe, demande à se confesser; et il récite: « J’ai manqué au 7° commandement, deux fois; et au 3° commandement, une fois ». (Je ne sais plus si c’étaient ces commandements-là, dont je n’ai d’ailleurs pas vérifié ce qu’ils sont).

Si j’avais été le prêtre, j’aurais « repris la main », et demandé:
P – Comment vous appelez-vous? Quel est votre prénom?
– (Supposons) Antoine.
P – Antoine, est-ce que dans la semaine passée, vous avez montré de l’amour envers quelqu’un? Est-ce que vous avez aimé?
–  ….

P – Oui, est-ce que vous avez fait des actes d’amour?

– Je crois.

P – Bon ! Eh bien c’est cela qui intéresse le Seigneur !

P – Et maintenant, Antoine, tournons-nous vers le Seigneur: imaginez que vous êtes auprès de la croix, que Jésus est là, encore vivant. Est-ce que vous pouvez vous représenter cela?

– …

P – Parlez à Jésus, il est là! Essayez de lui dire quelques mots!

– Jésus, … (silence)

P -C’est bien ! Le Seigneur vous aime. Je vais vous donner l’absolution.

16 mars 2017, 11:14

A quoi sert un site web paroissial? (vieux billet)

(Je reproduis ici un ancien billet – avril 2006 –  du blog « Parler du web », que je souhaite modifier et j’avoue ne plus savoir comment faire! D’où le texte ci-dessous – Mais voir aussi – et peut-être d’abord, le texte sur mon site actuel). 

Des échanges de vues ont eu lieu récemment au sein de l’association de webmestres chrétiens Eklesia.net (aujourd’hui disparue) sur l’utilité ou non d’un site web pour une paroisse.

D’un côté il est clair que, si ce site n’a que des informations pratiquement invariables les membres de la communauté n’auront guère de raison d’y venir. Il serait intéressant d’ailleurs de savoir s’il existe des groupes locaux (non chrétiens), genre association ou autre, dont les membres se rencontrent physiquement et qui ont en plus un site web actif pour s’informer et discuter; ou bien si en quelque sorte les sites web servent surtout à relier des gens qui n’ont pas de liens par ailleurs!

Par contre un certain nombre d’objectifs demeurent pour un site paroissial:

– D’abord, pour les nouveaux arrivants dans la commune, leur permettre de disposer des informations minimum sur l’endroit où prendre contact, pour les catéchismes etc. Et de même, pour les non-pratiquants habituels qui veulent préparer un mariage, etc.

– Ensuite, si l’église est intéressante du point de vue artistique, donner ses heures d’ouverture, et proposer une réflexion associant culture et foi: il y a là un énorme travail possible, pour permettre aux pierres, vitraux, etc. de témoigner de la foi de ceux qui ont réalisé ces édifices!

– Et enfin, profiter de ce contact que les visiteurs occasionnels du site ont avec l’Eglise pour leur proposer des liens vers des sites où ils trouveront une pâture intellectuelle et spirituelle: Port Saint Nicolas, Cathonet, le Cybercuré, le Portail du mariage et du couple, la Maison Arc en Ciel, etc.

Une participante de cet échange ajoute: “Le site doit témoigner d’une communauté qui vit, avec des photos récentes”. Et surtout il doit y avoir “quelques lignes fraternelles et accueillantes quand il s’agit de ‘demander le baptême de son enfant’ ou ’se marier à l’Eglise’, et pas des pages qui commencent par ‘il faut impérativement contacter le curé un an avant la date prévue du mariage’ ou ‘ne peuvent se marier à l’Eglise que des personnes qui n’ont pas déjà été mariées religieusement’…

————–

Post scriptum: l’utilisation de ce billet (reproduction tel quel ou modifié) est libre et encouragée!

PS 2: – Voir un article complémentaire, “Dix questions avant de créer un site chrétien“ (WayBack archive)

– Voir aussi, sur le site “Choisis d’aimer”, le texte Sites web chrétiens: quelques réflexions

15 mars 2017, 14:41

« Nouvelles notes »

Je crée une nouvelle page, « Nouvelles notes« , qui a vocation à rassembler, par thème, des textes qui me semblent importants. Un peu le genre de textes que je mets sur Facebook.

Ce billet vise à permettre les commentaires, ci-dessous !

 

8 mars 2017, 10:39

Paroles des chants..

On le sait, il y a des chants qui, théologiquement, ne sont pas corrects, l’exemple le plus célèbre étant le « Minuit chrétiens » (« apaiser le courroux de Dieu »), que le cardinal Lustiger avait interdit dans son diocèse.

Hier à la messe deux chants m’ont paru, sinon erronés, et tout cas peu satisfaisants spirituellement.

L’un est un chant de Taizé (que je ne connaissais pas), qui affirme bravement, en espagnol, que celui qui suit la route de l’amour ne se fatigue pas, et « ne fatigue pas » (les autres je suppose). Voilà une vision bien optimiste ! Le chemin de l’amour me paraît au contraire comporter bien des fatigues. Et comme nous ne sommes pas parfaits, tout au long de ce chemin, nous devons aussi fatiguer les autres .. (et « fatiguer Dieu » aussi, si nous en sommes toujours dans la même situation qu’à l’époque d’Isaïe – 7,13 !).

L’autre, plus connu je pense, est: « Je suis trop petit pour faire de grandes choses.. » C’est de Thérèse de l’Enfant Jésus, et spirituellement on peut dire cela… mais en même temps Thérèse est la preuve du contraire!

Au contraire: parce que nous sommes petits, si nous sommes petitsDieu fera de grandes choses.

« Fais-moi découvrir combien je suis petit; fais moi devenir tout petit! Et tu pourras, Seigneur, faire de grandes choses! »

Tout cela est sous-entendu dans la pensée de Thérèse. Mais il ne faudrait pas que le chrétien déduise, de la formulation du chant, que de grandes choses ne se feront pas à travers lui.

12 février 2017, 15:29

Créer une attitude intérieure…

Depuis quelque temps, je me suis lancé un peu plus dans la prière, par exemple avant la messe quotidienne et après la communion à cette même messe.

J’explique cela dans « Fais le silence » et dans « Silence » (peu différent du précédent).
Cela comprend un engagement du corps, qui se concentre pour s’harmoniser avec le silence extérieur…

Et voilà qu’en repensant au « Rire de Clotilde » je me suis dit que je pouvais, dans la prière, procéder de même à une sorte de manipulation intérieure pour me disposer à prier: sentir ma poitrine et mon coeur s’élargir, une paix me remplir.

Créer une attitude intérieure. Sentir la prière s’épanouir en moi.

25 juin 2016, 10:07

Comprends-tu ce que tu chantes?

Ce billet amical, mais quand même un peu critique, s’adresse aux chanteurs qui, lors d’une messe, chantent trop vite.

Qu’il s’agisse par exemple du chant accompagnant la communion, ou bien-sûr du psaume, on a  l’impression parfois que le chanteur ne pense pas aux paroles qu’il est en train de chanter ou de faire chanter: il chante, trop vite!
Alors qu’il s’agit de moments méditatifs, où le chantre doit prier, et porter la prière commune par sa façon de prier en chantant. Où l’on puisse entrer dans la prière en s’appuyant sur lui.
Où le chanteur prenne son temps, et exprime par son chant ce que disent les mots !

D’où le titre de mon billet, allusion certes à la route de Gaza (Actes 8,26), mais, d’abord, supplique aux chanteurs:

Priez, et faites-nous prier !

27 avril 2016, 7:45

Vous croyez en Dieu?

(Elément pour interview)

J’ai la conviction qu’il existe un ou des êtres supérieurs qui se manifestent à nous si nous acceptons d’entrer en contact avec eux.
Ces Etres, ou cet Etre, nous l’appelons Dieu.

L’être supérieur que nous appelons Dieu s’est révélé à nous principalement en Jésus.

 

16 février 2016, 14:44

Fais le silence !

A la messe en semaine, après la communion, un grand silence s’établit.

Chut, ne tousse pas! Ne bouge pas sur ta chaise!
Ecoute le silence!
Fais le silence! Ne le trouble pas!

C’est un moment privilégié pour moi.
La durée est fixée par le prêtre. A un moment il quittera son siège, et parlera. Mais pour l’instant je suis là, avec Dieu. Nous sommes là.

Le silence a une épaisseur. Je l’écoute, je vis en lui, sans m’occuper de la durée, qui, je le sais, sera assez courte.

« Le silence, ce n’est pas l’absence de bruit; c’est la présence de Dieu » (D.Ferry).

« Une messe sans silence est comme un pain sans sel » (Pascal Desthieux).

 

J’ai écrit le 8 mai une version un peu différente, qui est sur https://charismaticsonly.wordpress.com/

20 janvier 2016, 18:06

Qui sait faire un site web ? !

La « qualité » (l’absence de qualité) des sites web est souvent assez sidérante.
Ceci est un bref billet, que je compléterai éventuellement.

Je note que:
– Très souvent les sites – d’associations ou autres – sont touffus, avec divers menus à divers endroits de la page. Il manque à l’auteur /aux auteurs la clarté d’esprit: se placer du point de vue du visiteur.
– Dans d’autres sites – surtout des sites marchands – ce qui manque c’est une analyse logique précise du parcours/ des parcours que les visiteurs / acheteurs sont amenés à faire. Combien de fois on doit revenir au départ et refaire certaines opérations parce qu’on n’a pas compris ce que l’auteur du site voulait dire / voulait qu’on fasse.

Autre chose, qui concerne plus les associations: beaucoup n’ont pas compris que les adhérents de l’association vont rarement sur le site! Ils attendent qu’on les informe par mel – ou autres moyens style sms!
Voir à ce sujet l’article: « A quoi sert un site web paroissial« .

Et puis naturellement il y a le RSS, dont trop peu d’internautes – et de webmestres – ont compris l’intérêt, et la puissance.

 

12 janvier 2016, 9:18

Pardonner !

Encore un texte sur le pardon…
Je vais aller, ce mardi, à la messe quotidienne de la Communauté du Chemin Neuf. Le mardi, c’est le jour où il est parfois prévu une « réconciliation »: après l’homélie la messe est interrompue pour une dizaine de minutes de silence, qui permettent notamment à ceux qui le veulent d’aller trouver un frère ou une soeur, pour parler ensemble et le cas échéant demander ou accueillir un pardon.

Pour ma part, ce mardi, je sais qu’une partie de mon coeur contient un sentiment vigoureux: j’en veux beaucoup à quelqu’un (qui ne sera pas là).
Alors, pendant ce « temps de réconciliation », vais-je trouver une façon de changer mon coeur, d’aller vers le pardon?
Il faudra que les saints et les saintes à qui je demanderai leur aide trouvent bien le chemin de mon coeur! Car ce ne sera pas facile.

Le but serait, me dit Catherine, d’arriver à dire intérieurement: « Je te pardonne », en le pensant vraiment. Quitte à le faire et à le refaire à nouveau à de prochaines occasions; car la blessure est profonde et ne guérira sans doute pas en une fois.

« Je te pardonne! »

Je ne parle pas ici de le dire à la personne elle-même; car c’est là toute une autre histoire: de respect de l’autre; de charité.

Si cela se trouve elle n’a même pas conscience de m’avoir blessé…

12 novembre 2015, 11:23

« Centre pastoral »

Notre paroisse a une nouvelle église, et l’annonce partout… sous le nom de « Centre pastoral ».
Certes si on regarde bien l’enveloppe, on voit marqué « Diocèse de X. »; mais c’est un tampon rajouté.
Pour le « voisin moyen » dans la boite aux lettres de qui je vais placer ce pli, c’est une pub comme d’autres… (que je mettrai même dans les boites qui ne veulent pas de pub?)

Mais surtout, « Centre pastoral » cela évoque l’écologie, l’agriculture; la vente de produits ruraux…

Encore cette « langue de buis » (d’autres disent « langue de Canaan »), que les chrétiens utilisent sans trop savoir ce que cela veut dire exactement…

Centre paroissial, cela aurait été plus clair? Trop clair?

« My 2 cents », comme on dit de l’autre côté de l’eau.

30 septembre 2015, 9:13

Sainte Marie, prie pour nous

Essai d’une variante du « Je vous salue Marie », avec laquelle je puisse prier en pensant vraiment ce que je dis:

Je me tourne vers toi, Marie,
toute amour auprès du Seigneur;
choisie entre toutes les femmes,
et mère de Jésus.

Sainte Marie, notre mère,
prie pour nous
pauvres humains,
maintenant et à l’heure de notre mort,
Amen.

29 septembre 2015, 5:34

J’ai une dette envers Dieu (Matthieu 6,12)

Oui, j’ai une dette envers Dieu: je lui dois beaucoup. Il m’a tant donné, et me donne tant.

Supposons que j’aie, pour ma part, rendu de grands services à quelqu’un que j’aime, et qu’il me dise « Je ne sais pas comment te remercier ». Je lui dirai peut-être: « C’était un plaisir! Je t’aime! »

C’est cela que Dieu nous dit!

Le texte de Matthieu parle des dettes que nous avons envers Dieu. Mais au lieu qu’il faille que je lui demande de me « remettre » ces dettes, je comprends que Dieu me dit: « Ne t’occupe pas de la dette que tu as envers moi: tu vas voir, tu ne penseras plus qu’à l’amour si tu vis vraiment en moi. »

« Mais, ajoute-t-il, il y a une condition, un passage obligé pour vivre dans cet amour: c’est que tu pardonnes vraiment aux autres; et que tu ne considères pas qu’ils ont une dette envers toi. »

Oui, cher Dieu, ce n’est plus en termes de fautes, de dettes, de pardon à obtenir, que se situe la relation avec toi; mais en termes de vie dans ton amour: en vivant dans l’amour avec les autres.

J’ai une dette envers Dieu. Et le Psaume 116,12  annonce déjà l’action de grâces, l’eucharistie:

« Comment rendrai-je à Dieu tout le bien qu’il m’a fait? J’élèverai la coupe du salut ».

      « Je vivrai de bonheur et de grâce,
      de l’amour que son coeur m’a donné. »
        (Exo)

12 septembre 2015, 10:30

Aimer tous les hommes? Leur demander pardon?

Dieu aime-t-il tous les hommes? Devons-nous aimer tous les hommes?
Jésus aimait-il tous les hommes?
Par exemple aimait-il Judas? Il l’appelle son ami (Mt 26,49); mais dans le même évangile de Matthieu il y a des passages sévères sur ceux qui seront « maudits » et envoyés dans le feu éternel par le Fils de l’homme… (Mt 25,41)
Sur Judas, Maria Valtorta a de très belles pages, où l’on voit Jésus, mois après mois, s’efforcer de le ramener vers l’amour. Il l’aime.

Pour les « maudits » je suppose que l’interprétation classique est de dire qu’ils sont quand même aimés de Dieu (et que c’est par amour qu’il les envoie dans le feu éternel?). Pour ma part je me rallie plutôt à la thèse selon laquelle, au purgatoire, ceux qui refuseront définitivement l’amour ne pourront, de ce fait, pas y participer: ils se détruiront eux-mêmes.

Mais j’en viens à la question centrale que je voulais aborder: j’imagine une rencontre de réconciliation, où un chrétien se retrouve face à ceux qui sont, ou ont été ses ennemis.

Puis-je dire à l’autre que je lui demande pardon ? S’il est chrétien, il comprendra peut-être ce que je pense vraiment par là: que mon amour a été, forcément, limité, et que s’il avait été plus grand le conflit aurait pu évoluer différemment.

S’il n’est pas chrétien, il y verra sans doute, à tort, un aveu de faiblesse ou de culpabilité.
Alors qu’il ne s’agit pas du tout de cela: mais d’une attitude complète de remise entre les mains de l’amour. Je sais que mon amour est limité, et donc que je n’ai pas montré à l’autre le visage infiniment aimant du Christ.

En ce sens je peux même imaginer une situation extrême où je suis face à un homme qui a été un malfaisant épouvantable: disons Hitler… Et je pourrais, si ma capacité d’amour est déjà assez grande, lui dire que je lui demande pardon.
Pas du tout, évidemment, que je lui pardonne. Ce n’est pas de cela dont je parle. Et il n’appartient pas à qui que ce soit de pardonner à un tel homme.
Mais que je lui demande pardon de mes faiblesses, qui, comme je l’ai dit plus haut, n’ont pas fait de moi, face à un être comme lui, une véritable incarnation de l’amour. Cela rejoint ce que je dis du péché dans mon livre « Le fait Jésus » (p.31): je me reconnais extrêmement pécheur.

Pour aller en quelque sorte plus loin, mais différemment, Bernanos imagine que Dieu lui-même demande pardon! Le père Duval-Arnould le cite dans son texte « Pourquoi suivre Jésus » (p.17):

 » Ecoutez cette page de Bernanos que j’ai bien relue cent fois, et qui m’émeut toujours autant.
« Il y a quelque part en ce monde, en ce moment, une maman qui cache pour la dernière fois son visage au creux d’une petite poitrine qui ne battra plus, une mère près de son enfant mort, qui offre à Dieu le gémissement d’une résignation exténuée. Comme si la voix qui a jeté le soleil dans l’espace ainsi qu’une main jette le grain, la voix qui fait trembler les mondes, venait de lui murmurer doucement à l’oreille: « Pardonne-moi. Un jour, tu sauras; un jour tu comprendras et me rendras grâce; mais maintenant, ce que j’attends de toi, c’est ton pardon. Pardonne-moi ». 

P.S. – Il me revient que dans certaines communautés il est prévu des temps de réconciliation: on va alors demander pardon à un frère. J’ai eu l’occasion qu’un membre du Chemin Neuf, à la messe à laquelle nous assistons régulièrement, vienne ainsi me demander pardon (pour une « broutille », de mon point de vue); c’est quelque chose que l’on n’oublie pas, tant l’amour s’exprime dans la démarche de l’autre.

6 septembre 2015, 6:30

Intelligences artificielles (« Singularity » etc.)

Le livre « The singularity is near » de Ray Kurzweil explique que des superordinateurs, bien plus intelligents que l’homme, existeront sur terre d’ici une cinquantaine d’années, le développement des capacités des ordinateurs étant de plus en plus rapide. 

Kurzweil suppose aussi qu’on aura complètement décrypté comment fonctionne le cerveau, etc.

Sur ce dernier point les expériences aux frontières de la mort (NDE) devraient rendre les prévisionnistes plus modestes: manifestement il y a « de l’au-delà » dans le fonctionnement de l’homme, au moins dans certains cas, puisque la vue, l’ouïe, etc. continuent parfois à fonctionner même quand le cerveau est complètement inactif.

Mais si on regarde maintenant ces futures « intelligences supérieures », à supposer qu’elles ne soient pas greffées sur un homme, on peut se poser quelques questions, et par exemple:
– Quelle sera leur « sensibilité » : sensations agréables ou désagréables, peurs, etc.?
–  Auront-elles des désirs? des préférences autres que « logiques »; et, ces préférences étant forcément basées sur des hypothèses, quelle sera la méthode de choix, autrement dit quelles seront les valeurs?
– En somme, ces machines auront-elles de la volonté?

Je ne doute pas que certains penseurs proposent ou proposeront des réponses à ces questions; je n’ai d’ailleurs lu pour l’instant qu’une partie du livre de Kurzweil.

Mais le corps, pour nous autres humains, est loin d’être simplement un accessoire; nous sommes ce qu’il est. « Je suis un corps » écrit très joliment Benoît Billot (« Voyage dans le bouddhisme zen »).

Je pense aussi, comme chrétien, à cette phrase de la lettre aux Hébreux, à propos du Christ:
« Tu m’as fait un corps » (Hébreux 10,5).
Et le texte continue: « Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté »

Peut-être ces intelligences artificielles découvriront-elles qu’il y a un au-delà, comme les NDE semblent le prouver!

Addendum (22.9): J’ajoute, en commentaire pour ne pas trop allonger ce billet, une réflexion d’André Comte-Sponville dans son dernier livre.

 

11 juillet 2015, 8:41

Parlons d’amour, et non de péché…

En lisant récemment un article sur Pélage, j’ai à nouveau été saisi par le caractère simplet, et même faux, vu depuis le XXI° siècle, des débats qui agitaient les théologiens à l’époque – et qui je crains agitent toujours beaucoup d’entre eux .

Pélage contestait notamment, si j’ai bien compris, le péché des origines, et disait que le péché d’Adam ne concernait que lui seul et non ses descendants. Le vrai problème aujourd’hui est de savoir s’il y a eu à un moment quelconque un premier péché… et d’admettre que cette question n’a pas de sens: les premiers hommes, encore presque des animaux, ont agi avec brutalité et égoïsme, comme il est naturel. Et c’est la prise de conscience de l’existence de Dieu, puis la révélation, notamment judéo-chrétienne, qui ont conduit d’abord à une sorte de morale, puis à un renversement – par le Christ – de la morale en amour-don: chaque homme est désormais invité à entrer dans l’amour jusqu’à en mourir.
Bien sûr nous sommes pécheurs, et nous prenons conscience d’être extrêmement pécheurs dès lors que nous entrons dans une relation de prière profonde avec Dieu. Mais ce n’est pas le problème. Il s’agit d’aimer!

Pélage disait aussi, et cela est évidemment non chrétien (mais très moderne), que nous pouvons « nous sauver » par nous-mêmes. A supposer encore que l’on sache ce que signifie « le salut » pour tous ceux qui raisonnent ainsi.
Entrer dans l’amour suppose de recevoir la vie de Dieu en nous: d’être transfiguré par lui. On ne « se sauve » évidemment pas soi-même. On n’accepte pas de mourir à soi-même sans l’aide de Dieu!

Je note que « la chute » n’est pas mentionnée dans l’un ou l’autre Credo; ni non plus, si j’ai bien regardé, dans les évangiles…

 

15 juin 2015, 19:23

La philosophie est-elle un savoir?

Avec un groupe d’amis, nous discutions l’autre jour de savoir si la philosophie est une science…
Pour la plupart des participants il était évident que la philosophie n’est pas une science, bien qu’il y ait au CNRS une section des « sciences philosophiques » comprenant notamment la métaphysique, l’éthique, etc., et bien que, historiquement, la philosophie ait donné naissance aux sciences.

Une amie m’a ensuite envoyé un lien vers un « corrigé » de dissertation, tel qu’on en trouve sur le web, qui explique en quoi la philosophie est une science…
« L’objet de la science, explique ce corrigé qui me laisse perplexe, est d’établir des rapports rationnels – rapports d’identité ou de causalité »… Et d’expliquer ensuite que la philosophie est une science parce qu’elle s’occupe d’un domaine bien défini, « les états de conscience » (!), et y réfléchit de façon rationnelle…
Bien triste corrigé! (d’origine américaine peut-être).

Pour prendre le problème différemment, je me demande pour ma part si la philosophie est un savoir… Et je n’en suis pas sûr ! Connaître tout ce que les philosophes ont écrit depuis les origines constitue assurément un savoir. Mais il y a tellement de contradictions dans ce qu’écrivent les philosophes que l’on peut douter d’avoir beaucoup progressé en 3000 ans: les questions restent semble-t-il toutes ouvertes, et l’on est riche seulement de connaître les réponses diverses, et toujours nouvelles, qu’y apportent les penseurs.

C’est au niveau de la méthode, sans doute, que l’on peut espérer des progrès. Descartes, dans son discours de la méthode, fondait la science moderne. Et d’autres philosophes s’efforcent, de diverses façons, de proposer une méthode (je pense par exemple à Jean-Luc Marion, mais surtout à Ferdinand Gonseth). La méthode est au service du savoir; elle n’est pas elle-même savoir, surtout si, comme c’est sans doute le cas pour Marion, elle a notamment pour but de décrire nos perceptions.

« La philosophie n’est pas une science », écrit Comte-Sponville dans son Dictionnaire philosophique, « et c’est pourquoi, comme disait Kant, on ne peut apprendre la philosophie. On ne peut apprendre qu’à philosopher. »

 

7 juin 2015, 20:06

Concepts, idées (1)

Ceci est l’essai d’une méthode pour rassembler peu à peu des réflexions sur des sujets généraux, notamment philosophiques. Cela se présente comme des paragraphes à propos de mots ou d’idées. En voici déjà trois:

Morale/éthique
Jean-Michel Besnier dans « Demain les posthumains »: La morale se contente de prescrire le bien et le mal. L’éthique vise à ce que les hommes s’efforcent de préserver entre eux l’équilibre et l’harmonie.
La réflexion éthique est le préalable à une éventuelle action politique (un peu comme pour l’économie)

« Pensées automatiques »
Aaron Beck désigne ainsi les flux de pensées à peine conscientes à peu près permanents en nous, et que nous ne commençons à repérer qu’en y faisant spécialement attention. En devenir conscient peut nous aider grandement à comprendre notre propre psychologie. (« La thérapie cognitive et les troubles émotionnels » – 1976/2010)

Relaxation
Le mieux en matière de relaxation est me semble-t-il – si les douleurs que l’on a ne sont pas trop fortes – de faire, seul, une relaxation personnalisée: c’est à dire tout simplement, allongé, d’accepter les douleurs que l’on ressent, et de résister au désir de se lever. Rester quelque temps allongé, de façon souple. Idem la nuit, si on a envie de se lever parce qu’on a mal, résister un peu et rester allongé. En acceptant aussi les idées qui nous traversent (sans qu’il s’agisse de se centrer sur la réflexion; c’est l’acceptation des douleurs, et éventuellement leur relativisation, qui reste au centre).

11 mai 2015, 14:08

(Pour moi) C’est vrai !

En lisant une interview de Luc Ferry, je ne peux m’empêcher d’avoir envie de répondre.

 » Les religions reposent sur le principe de la foi, de la vérité révélée »
Toute conviction raisonnée repose sur un ensemble de faits. Le christianisme n’est pas une « vérité révélée ». Il est un fait, le fait Jésus; que l’on croit vrai ou non. Mais, sur tout sujet, chacun de nous croit ou ne croit pas; le mot « foi » ne convient pas. Chacun de nous a des convictions. Luc Ferry (comme beaucoup de gens, certes) voit un absolu dans « la foi », là où je vois simplement la reconnaissance d’un fait, dont je suis convaincu qu’il est vrai: Jésus a existé, il nous a montré comment aimer, et s’est montré vivant après sa mort.
La question est alors: « est-ce possible? » Je constate que c’est vrai (je suis tout à fait convaincu que c’est vrai): … donc c’est possible!

« Pas besoin de Dieu »
Je n’ai pas « besoin » de Dieu: je constate qu’il existe des êtres supérieurs, qui se montrent à nous notamment en Jésus. C’est un fait – que j’en aie « besoin » ou pas!

 « La résurrection des corps, pas simplement des âmes… »
Je ne sais contre qui Luc Ferry bataille ici: je ne peux pour ma part pas séparer mon corps d’autre chose, qu’on l’appelle âme, esprit ou autrement. Ma conviction – appuyée sur les faits chrétiens comme sur les NDE – est que l’existence continue après la mort: « est-ce avec mon corps ou sans mon corps, je ne sais »: mais c’est moi – moi complet ! Ce n’est peut-être pas sur cette terre, mais d’abord et surtout dans des dimensions en plus, dont les NDE nous donnent une idée (voir l’exposé que j’y ai consacré).

 « La promesse de la religion chrétienne, c’est la mort de la mort. »
Ce qu’apporte la religion chrétienne, c’est l’amour allant jusqu’à la croix, condition pour s’élever spirituellement. « La mort de la mort », non; la vie après la mort, oui, mais là encore les NDE nous le montrent peu à peu, et tous les hommes devraient progressivement en accepter la réalité.

« Les (..) religions (..) promettent le salut, c’est-à-dire la vie bonne, par Dieu et par la foi, là où les philosophies (définissent) la vie bonne sans Dieu et sans la foi; par soi-même et par la lucidité de la raison. »
Le « salut » est-il « la vie bonne »? C’est une façon de parler chère à Luc Ferry. Les chrétiens n’emploient pas cette expression. Le salut, c’est d’entrer dans l’amour, de plus en plus; cela rend heureux, ce qui est un « plus ». C’est « la bonne façon de vivre« …
Alors que, pour un chrétien, toute autre façon de vivre manque plus ou moins la cible: et donc n’est pas la vie bonne!
Dire que « les philosophies » définissent la vie bonne « sans Dieu et sans la foi » est une affirmation inexacte! Il y a en effet des philosophies chrétiennes !
Atteindre (et non « définir ») une vie bonne « par soi-même, et par la lucidité de la raison » est une prétention classique de l’homme, qui ne veut rien devoir à qui que ce soit d’autre.
Quant à la lucidité de la raison, elle consiste justement à accepter ce qui est vrai, même si c’est le contraire de ce que l’on pensait avant.

Et je veux ici une fois de plus renvoyer à Ferdinand Gonseth, le philosophe de l’ouverture au changement d’opinion !

P.S. : En fait ce que Luc Ferry appelle « vie bonne » est sans doute ce que d’autres appellent le sens de la vie: le sens que l’on peut trouver/donner à sa vie.
Il n’en reste pas moins inexact de dire que la philosophie définit un sens de la vie « sans Dieu »: d’abord parce que beaucoup de philosophies, me semble-t-il, ne s’intéressent pas au sens de la vie! Ensuite parce que, je le répète, il y a des philosophies qui comprennent l’ouverture à l’au-delà. Le refus de l’au-delà est une option philosophique.