Chrétiens, est-ce nous qui agissons?

La question que je pose ainsi, de façon à la fois brutale et sybilline, m’est inspirée par l’homélie du prêtre à partir de l’évangile d’aujourd’hui (« Celui qui ne renonce pas à lui-même ne peut être mon disciple » – ce qui est la formulation de Luc 9.22, pas tout à fait celle de Luc 14,26).

« Nous ne savons pas aimer, a dit le prêtre; il faut que le Saint Esprit vienne en nous et que ce soit lui qui aime en nous! »

Je sais bien que Paul écrit: « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi », mais il y a dans l’affirmation du prêtre quelque chose qui me gêne: comme si nous n’étions pas peu à peu transformés par l’amour, appelés à monter dans l’amour; à entrer finalement dans l’amour infini. Comme si c’était quelqu’un d’autre, en nous, qui agissait.

Le rôle de l’Esprit, tel que je le vois, est de nous guider et de nous transformer. Ce qui n’exclut pas bien sûr qu’il aille plus loin par moments et fasse à travers nous, sans que nous le sachions ou sans que nous l’ayons voulu, des miracles: parce qu’il nous aura « fait agir », à un moment donné, comme il fallait pour que l’amour passe.

Mais je maintiens que c’est bien nous qui agissons d’habitude, en acceptant d’être de plus en plus dans l’amour; en entrant dans la volonté de Dieu; en étant « en Dieu » en quelque sorte. Par l’Esprit et dans l’Esprit.

Je reconnais que l’approche charismatique amène à recevoir en soi la présence de l’Esprit, chantant en langues, et agissant notamment par des charismes.
Mais cela n’est pas extérieur à nous. C’est Lui et c’est nous.

C’est pourquoi cette formulation du prêtre me gêne.

Voilà, c’était le mécontentement du jour… (Ouvrez les « points d’humour »:) Guidé par l’Esprit? ;-)

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